LE MOYEN AGE (12)

Logo Moyen Age 12L’EUROPE ET LA SOCIETE MEDIEVALE (1)

Après le démembrement carolingien, la noblesse se constitua en classe dominante, et l’Eglise élabora une conception religieuse adaptée au nouveau modèle de société.
A partir du XI° siècle, le féodalisme fut le système de relations sociales et économiques prédominant dans une grande partie de l’Europe occidentale et centrale. Son expansion coïncida avec l’appropriation de la terre par les représentants des pouvoirs locaux, héritiers des vieilles structures de l’ancien Empire Romain, et des entités politiques qui tentèrent de le dominer.

Apparition de la seigneurie

L’apparition du féodalisme signa la disparition des vestiges de l’économie impériale romaine. Les anciens domaines exploités pat les esclaves (servi) ou par des paysans semi-libres (liberi ou coloni) et les exploitations paysannes étrangères au contrôle seigneurial furent remplacées par de nouvelles structures d’exploitation agricole.
La base de l’économie était la petite production paysanne et la confiscation d’une partie des récoltes ou du bétail des paysans, mécanisme généré par la nouvelle trame de relations sociales. La confiscation avait lieu dans le cadre de la seigneurie, héritière de l’ancienne juridiction tributaire ou militaire impériale. L’ancien percepteur des impôts ou l’ancien chef de guerre local devint le seigneur féodal, qui put exercer le pouvoir à travers ses représentants (chevaliers, châtelains et maires). Le seigneur féodal possédait en plus le droit de légiférer et de rendre la justice sur son domaine. Les paysans étaient soumis, eux, au versement d’une partie des récoltes annuelles, et de taxes pour l’utilisation des monopoles seigneuriaux (moulins, forges, fours), ainsi que de tout type de prestations de travail et militaires.
L’implantation du système féodal entraîna dans le système de production agraire des changements.
L’exigence seigneuriale de produits faciles à emmagasiner et à commercialiser (1) explique la généralisation de la célèbre ʺ triade méditerranéenne ʺ : exploitation des céréales, des vignes et des oliviers.
Entre les XI° et XIII° siècles, le vignoble connut une forte expansion en superficie dans des régions limitrophes de son territoire, en Alsace et dans les Flandre.
Les légumineuses, comme les lentilles ou les petits pois, étaient également cultivées, ainsi que les choux, les carottes et les oignons. Pour cela, les jardins urbains ou ruraux, réglementés et entretenus, se multiplièrent.
D’autre part, le régime seigneurial limita l’accès des paysans aux forêts et aux pâturages, où ils avaient jusqu’alors libre accès.
Jusqu’à la fin du X° siècle, la chasse était menée sans limites et constituait une partie de l’alimentation.
Le déboisement était également pratiqué librement par les paysans pour élargir les terrains de culture, et les pâturages étaient un bien commun.
A partir du XI° siècle, la chasse devint un droit seigneurial et, en conséquence, la part de la viande dans l’alimentation paysanne se réduisit.
Alors que disparaissait le libre usage des espaces inculte, qu’il s’agisse des forêts ou de pâturages, le régime seigneurial imposa un contrôle strict de l’activité d’élevage. Celle-ci fut réorientée vers la commercialisation de la laine et du cuir.

Les relations sociales

Les principes du nouveau système féodal étaient la vassalité (2) et le fief, dont l’objectif était de codifier le plus rigidement possible la répartition des bénéfices obtenus par la captation de la rente.
(à suivre)

(1)Autosubsistance. La production agricole était surtout destinée à la subsistance. Les excédents, toujours plus grands grâce aux progrès des techniques agricoles, étaient commercialisés.
(2)Le jurement de vassalité. Tous les habitants du fief juraient vassalité à leur seigneur, parmi lesquels se trouvaient les chevaliers qui composaient la cour, maintenaient l’ordre et dirigeaient les campagnes militaires.