REGARDS EN COIN (60)

Logo RegardsQuelques brèves réflexions et analyses sur tout sujet, des faits divers à l’actualité politique, des textes courts, c’est ʺRegards en Coinʺ.

1.
La croissance plafonne
2.
Les « aviseurs fiscaux »
3. Pour une Europe du numérique
4. Les « lettres de confort » d’Apple (2)
5. Quel avenir pour Cuba ?
6. A lire… « Les pathologies politiques françaises »

  1. La croissance plafonne

Selon l’INSEE (*), la croissance du PIB français a plafonné à 0,2% au troisième trimestre, malgré une hausse de l’investissement. Ce chiffre fait suite au coup d’arrêt subi par l’économie française au deuxième trimestre (-0,1%).

Il s’explique principalement par la faiblesse de la consommation, mais aussi par les mauvais résultats du commerce extérieur, plombé par la hausse des importations.

L’INSSE prévoit 0,4% de croissance au quatrième trimestre.

Sur l’ensemble de l’année, la croissance ne devrait pas dépasser 1,3%. Un chiffre inférieur au 1,6% initialement anticipé par le gouvernement…

(*)L’Obs-2717-01122016-INSEE

  1. Les « aviseurs fiscaux »

Aux scandales d’évasion fiscale des « Panama Papers » se sont ajoutées les affaires HSBC, UBS et LuxLeaks.

Face à l’ampleur de la fraude fiscale, Michel Sapin, le ministre des Finances, a mis en place dans le projet de loi de finances 2017, adopté le 18 novembre, la rémunération des dénonciateurs de fraudes fiscales, baptisés « aviseurs fiscaux ».

D’autres pays achètent de telles informations (*), comme l’Allemagne où le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie a acquis onze CD et clés USB pour 18 millions d’euros et en aurait retiré 6 milliards de recettes pour son budget !

Le ministère des Finances serait déjà entré en tractation avec quatre candidats informateurs…

(*)Challenges-500-01122016-32-GM         

 

  1. Pour une Europe du numérique

Parmi les échecs récents de l’Europe, il y a son entrée ratée dans la révolution numérique.
Les Etats-Unis concentrent 83% de la capitalisation des entreprises du secteur, pour 2% pour le Vieux Continent (*).
Les grandes infrastructures du Web, comme les moteurs de recherche, les systèmes d’exploitation ou encore les réseaux sociaux, viennent d’outre-Atlantique et dominent l’Europe.
La contestation vient plus de Chine ou de Corée avec les fabricants de terminaux et les équipementiers.

Or l’Europe est riche de talents.
Mieux, la France a réussi sa conversion sociétale à l’entrepreneuriat et nos jeunes sont désormais attirés par les start-up.

Mais pour que cet élan puisse se traduire en entreprises puissantes et en emplois, l’Europe doit se doter d’une véritable politique numérique, donnant un cadre à ses entreprises, leur permettant de jouer à jeu égal contre les monopoles américains.

Cela passe par une régulation les forçant à respecter nos règles en matière de données personnelles, de propriété intellectuelle, à régler un juste montant d’impôts et en sanctionnant leurs abus de position dominante.

(*)Challenges-500-01122016-44-OlivierSichel

  1. Les « lettres de confort » d’Apple (2)

(suite et fin)
Un cadeau dans le pays affichant déjà le niveau le plus bas sur le Vieux Continent, soit 12,5% (*).

Au terme d’une longue enquête, Bruxelles a estimé qu’un tel accord relevait d’une aide d’Etat contraire au droit communautaire.
Margrethe Vestager, la commissaire à la Concurrence, a donc demandé aux autorités de Dublin de récupérer auprès d’Apple 13 milliards d’euros d’impôts impayés ces dix dernières années.

Tim Cook, le PDG d’Apple, ne l’entend pas de cette oreille. « C’est comme si vous jouiez un match de basket-ball dans lequel vous avez marqué plusieurs paniers à 3 points et que l’on vienne vous dire que, en réalité, tous ces paniers étaient à 2 points… ».

De leur côté, les autorités de Dublin, en parfait désaccord avec l’analyse de Margrethe Vestager, ont fait appel de sa décision devant la Cour de Justice Européenne. Pas question pour eux de briser une idylle qui dure depuis trente-six ans et qui a permis la création de 6 000 emplois.

Aux Français, maintenant, de tirer les premiers…

 

(*)L’Express-3412-23112016-70/73-EmmanuelPaquette

 

  1. Quel avenir pour Cuba ?

Fidel Castro est mort le 25 novembre à l’âge de 90 ans.
Celui qui a régné sur Cuba pendant presque un demi-siècle laisse une économie exsangue, isolée, qui s’est néanmoins entrouverte au cours des dernières années sous l’impulsion de son frère Raul, à qui il avait passé la main en juillet 2006.

Mais le gouvernement de Raul continuait de désapprouver l’initiative privé et pense, encore aujourd’hui, que l’entreprise d’Etat socialiste est appelée à rester le cœur de l’économie cubaine.
Comme le formule un économiste, « le gouvernement veut la prospérité, mais surtout pas de citoyens prospères » (*).
Résultat, il risque de créer ni l’un ni les autres…

Pourtant la mort de Fidel pourrait marquer le début d’un changement générationnel dans la direction cubaine. Raul Castro devrait remettre son mandat présidentiel en 2018. Il a maintes fois répété qu’il souhaitait promouvoir de jeunes dirigeants afin de remplacer la « génération historique » des octogénaires, ceux qui se sont battus aux côtés de Fidel pendant la révolution de 1959, il y a bientôt soixante ans…
(*)Challenges-500-01122016-52-TheEconomistLondon

  1. A lire… « Les pathologies politiques françaises »

Né en 1940, Alain Duhamel est le chroniqueur attitré de la V° République. Il collabore à de nombreux médias, de Libération à RTL et va commenter sa dixième élection présidentielle (*).

En publiant « Les pathologies politiques française » (Edit. Plon, 240p., 19,90 euros), Alain Duhamel se penche sur les 44 millions d’électeurs français, pour diagnostiquer les troubles d’aujourd’hui, en remontant aux racines historiques de tous nos maux, du déclinisme au nationalisme, en passant par le conservatisme, l’intellectualisme, la discorde, etc.

Bref, tous nos péchés capitaux !

Et parmi ceux-ci, le plus nocif, selon l’auteur, l’égalitarisme…
La France voulait se grandir en devenant la patrie de l’égalité, elle se rétrécit comme peau de chagrin en devenant le temple de l’égalitarisme.
Pour que l’un n’ait pas plus, il faut que tout le monde ait moins…

« La France est donc à la fois le pays pour lequel l’égalité compte le plus et le pays où le sentiment d’inégalité est le plus élevé. Plus de 8 Français sur 10 pensent la société de plus en plus injuste. En 2013, 87% jugent que les inégalités ont augmenté au cours des cinq dernières années et 83% qu’elles vont continuer à le faire dans les années à venir. La majorité des Français (52%) pense qu’on ne peut pas arriver au sommet sans être corrompu. Aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, ils ne sont que 20% à partager ce sentiment. Il y a donc en France une crise de l’égalité qui s’ajoute à toutes les autres formes de crise, une perception de l’inégalité sociale plus sombre qu’ailleurs ».
(*)L’Express-3402-14092016-70/74-ChristopheBarbier

 

Richard POGLIANO