LA GRECE (7)

logo-grece-7LES ORIGINES DE LA TRAGEDIE ET DE LA COMEDIE (2)
Eschyle (525-456 av. J.-C.) consolida la tragédie en tant que forme théâtrale. Il introduisit un second acteur, le répondeur, qui jouait plusieurs rôles, et réduisit à douze le nombre de membres du chœur. Il composa probablement quelque quatre-vingt-dix tragédies, parmi lesquelles Les Perses, Les Sept contre Thèbes et Prométhée enchaîné.
Les œuvres d’Eschyle portaient sur des thèmes liés aux légendes héroïques ; le sentiment religieux et la simplicité des personnages y étaient à l’honneur. Eschyle présentait l’être humain comme un être fragile, impuissant face aux destins, et les empires comme vulnérables, aussi puissants soient-ils.
Sophocle (496-406 av. J.-C.), autre grand auteur tragique grec, connut son premier succès en l’an 448 av. J.-C. Parmi ses œuvres, les plus importantes sont Œdipe roi et Antigone. Dans cette dernière, l’auteur faisait preuve d’un grand enthousiasme vis-à-vis de l’époque florissante que vivait Athènes, gouvernée par Périclès.
Les tragédies de Sophocle apportaient des changements de fond et de forme. Afin de renforcer le sentiment dramatique dans ses œuvres, il introduisit un troisième personnage, tout en élargissant le chœur, qui passa de douze à quinze personnes. Dans ses pièces, l’être humain se trouvait seul face aux malheurs de la vie.
Le troisième grand dramatique fut Euripide (485-406 av. J.-C.), qui n’eut cependant jamais la popularité d’Eschyle et de Sophocle. Les Bacchantes, Iphigénie en Tauride et Les Troyennes constituent ses chefs-d’œuvre.
Auteur éclectique, Euripide abordait aussi aisément une thématique religieuse ou philosophique qu’il s’intéressait à de nouvelles méthodes stylistiques, rhétorique (1) ou musique.
A côté de la tragédie grecque se développait la comédie grecque.
La comédie naquit également du chœur et des chants.
Epicharme de Mégare (550-460 av. J.-C.) fut le premier grand auteur comique. Sa parodie du mythe était impitoyable. En faisant preuve d’humour plaisant, il présentait dans des situations comiques des personnages ridicules, comme, par exemple, l’ivrogne ou le parasite social.
Aristophane (445-386 av. J.-C.) fut néanmoins le grand représentant de la comédie antique. Il mit en scène un monde fantastique, au moyen duquel il critiquait de manière virulente, à travers l’œil d’un aristocrate conservateur, la situation déplorable que traversaient la philosophie, la littérature et plus particulièrement la politique dans l’Athènes décadente.
Les Guêpes, Les Nuées et Les Oiseaux furent les plus importantes comédies qu’il composa, parmi les quarante-quatre, avec la présence simultanée et concomitante du chœur, qui sous des masques conventionnels, offrait au public des indications satyriques. En dépit de leur dureté, les allusions blessantes de la comédie plurent aux Athéniens.
(à suivre)

Richard POGLIANO

(1)Au IV° siècle av. J.-C., l’art du discours, la rhétorique, atteignit son apogée grâce à Corax et Tisias qui en fixèrent les bases. On distinguait trois genres : le discours exhortatif (Démosthène), le discours juridique (Lysias) et le discours solennel (Gorgias et Isocrate).